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Salaire d'un gynécologue libéral : revenus, cotisations et ce qu'il reste

Équpe Gynea

Combien gagne un gynécologue libéral ? Difficile de trouver une réponse à cette question en ligne, où les fourchettes varient très largement : entre 80 000 à 200 000 € bruts par an. Mais surtout, personne n'explique qu’il y a une différence entre le chiffre d'affaires brut et le virement sur votre compte chaque mois. Dans cet article, tour d’horizon complet des revenus en gynécologie, du CA brut aux prélèvements obligatoires en médecin libéral (URSSAF, CARMF et CSG) en passant par les charges de cabinet jusqu'au revenu net réel.

Salaire d'un gynécologue libéral : revenus, cotisations et ce qu'il reste
À retenir
  • En gynécologie libérale secteur 2, les charges professionnelles et les cotisations sociales absorbent entre 50 et 60 % du CA brut.
  • Les cotisations obligatoires se répartissent entre deux organismes : l'URSSAF (maladie, CSG/CRDS, allocations familiales) et la CARMF (retraite de base, complémentaire, ASV, invalidité-décès).
  • Le mode d'installation change radicalement l'équation financière : rejoindre un centre existant permet de mutualiser les charges fixes, là où une installation en individuel implique 50 000 à 96 000 € de charges annuelles à absorber seul.

Du chiffre d'affaires au revenu net

Il n’y a pas de salaire net en gynécologue libéral : vous dégagez un bénéfice non commercial (BNC), c'est-à-dire la différence entre vos recettes et vos charges déductibles. Ce que vous percevez réellement chaque mois en est une fraction, parfois significativement inférieure au CA affiché.

Le parcours de l'argent suit ainsi 4 étapes : CA brut → charges professionnelles → cotisations sociales → impôt sur le revenu → revenu net disponible.

En sachant qu’en gynécologie libérale, les charges professionnelles seules représentent déjà 35 à 45 % du CA brut, auxquelles s'ajoutent les cotisations sociales (URSSAF + CARMF), soit 25 à 30 % supplémentaires sur le revenu restant. Avant impôt, c'est donc entre 50 et 60 % du CA brut qui part en charges et cotisations (mais parfois davantage en début d'activité ou selon le modèle d'installation).

Les cotisations obligatoires d'un gynécologue en secteur 2

Cotisations URSSAF

Les cotisations URSSAF vous couvrent sur plusieurs postes distincts :

  • Maladie-maternité : le taux est progressif selon votre niveau de revenus et s'applique sur votre BNC en médecin libéral. En secteur 2 hors OPTAM, aucune prise en charge par l'Assurance Maladie n'est prévue (la cotisation repose donc entièrement sur vous).
  • Allocations familiales : 0 % jusqu'à environ 110 % du PASS (soit 52 866 € de revenus net en 2026), puis 3,10 % au-delà*.
  • CSG/CRDS en médecin libéral : 9,70 % sur les revenus d'activité, dont 6,80 % de CSG déductible de votre revenu imposable*.
  • Contribution Formation Professionnelle (CFP) : forfait annuel d'environ 400 €.

*Les taux indiqués sont indicatifs pour 2026 et susceptibles d'évoluer. Vérifiez les taux en vigueur sur urssaf.fr avant toute simulation.

Cotisations CARMF (retraite)

C’est la CARMF, la Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France, qui gère l'intégralité de votre protection sociale en matière de retraite et de prévoyance. En tant que gynécologue libéral, vous cotisez obligatoirement à 4 volets cumulés :

  1. Retraite de base (régime CNAVPL) : cotisation proportionnelle à vos revenus, calculée sur la base du PASS (48 060 € en 2026). Le taux est d'environ 8,23 % jusqu'au PASS, avec un taux réduit au-delà.
  2. Retraite complémentaire (RCV) : en 2026, le taux de cotisation est de 11,8 % dans la limite d'une assiette plafonnée à 168 210 €.
  3. Régime ASV (Avantage Social Vieillesse) : réservé aux médecins conventionnés, ce régime est cofinancé par l'Assurance Maladie. Il comprend une part forfaitaire de 5 751 €/an et une part proportionnelle de 3,80 % de vos revenus conventionnels.
  4. Invalidité-décès : forfait d'environ 650 €/an pour les revenus inférieurs à 48 060 €, et de 1 010 €/an pour les revenus égaux ou supérieurs à 144 179 € (à noter qu’il existe des montants intermédiaires entre ces deux seuils).

Bon à savoir : Durant les deux premières années, la cotisation CARMF en médecin applique des taux réduits lors de l'installation [1]. La première année, seule la cotisation invalidité-décès est due à taux plein : la retraite de base et complémentaire sont provisoires puis régularisées.

Cotisations d'un gynécologue en secteur 2 : tableau récapitulatif

Cotisation

Taux ou montant

Assiette

Maladie-maternité

Taux progressif (majoré hors OPTAM)

BNC

Allocations familiales

0 % puis 3,10 %

BNC (seuil : 52 866 €)

CSG déductible

6,80%

Revenus d'activité

CSG non déductible + CRDS

2,90%

Revenus d'activité

CFP médecin

environ 400€/anForfait

Retraite de base (CNAVPL)

environ 8,23%

Jusqu'au PASS (48 060 €)

Retraite complémentaire (RCV)

11,80%

Jusqu'à 168 210 €

ASV - part forfaitaire

5 751€/anForfait

ASV - part proportionnelle

3,80€

Revenus conventionnels

Invalidité-décès

entre 650€ à 1 010€/an

Revenus d'activité

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Les charges courantes d'un cabinet de gynécologie

Mais au-delà des cotisations, il y a aussi de lourdes charges professionnelles, charges qui varient fortement selon votre mode d'installation. Par exemple, si vous optez pour une installation en individuel, vous supportez l'intégralité des charges fixes : loyer du cabinet assurance RCP, logiciel médical, Doctolib, télécom, expert-comptable, personnel administratif ou assistante médicale…

À tout cela s’ajoutent ensuite les charges variables : consommables, maintenance de l'échographe, matériel médical, formation continue…

Alors qu’en rejoignant un centre existant, la donne change : le loyer mutualisé, le secrétariat est partagé et tous les équipements sont déjà en place. La redevance versée au centre remplace une grande partie des charges fixes individuelles et la visibilité sur vos coûts réels est immédiate dès le premier mois.

Vous trouverez ci-dessous un comparatif des charges en médecin libéral à supporter dans les deux cas : 

Poste de chargeInstallation en individuel (fourchette par an)Intégration d’un centre existant
Loyer / redevance15 000 à 40 000 €Incluse ou réduite
RCP1 000 à 2 000 €1 000 à 2 000 €
Personnel administratif30 000 à 45 000 €Mutualisé
Logiciels et abonnements2 000 à 4 000 €Mutualisé
Maintenance équipements2 000 à 5 000 €Variable
Total estimé50 000 à 96 000 €Significativement inférieur

Combien gagne un gynécologue libéral en Île-de-France ?

Selon les données CARMF 2025 [1] et les sources sectorielles, nous sommes en mesure de poser des fourchettes réalistes* pour l'Île-de-France, où la quasi-totalité des gynécologues exercent en secteur 2 :

  • CA brut annuel : 200 000 à 350 000 € selon le volume d'actes, le nombre de jours travaillés et la proportion d'actes techniques (échographies, hystéroscopies, colposcopies…).
  • Revenu net avant impôt : 80 000 à 150 000 €/an après charges et cotisations.
  • Revenu net mensuel : environ 6 000 à 12 000 €/mois.

Évidemment, de nombreux facteurs font varier ce résultat : nombre de demi-journées par semaine, volume de consultations par jour, part d'actes techniques dans l'activité, localisation en IdF…

Mais si nous prenons le temps de faire une comparaison avec la grille PH, un praticien hospitalier à temps plein perçoit entre 5 000 et 8 000 € net par mois selon l'échelon et les gardes. Le revenu en gynécologue libéral peut donc être significativement supérieur, avec une variabilité toutefois plus forte en début d'activité.

*Ces fourchettes sont indicatives et varient fortement selon le profil d'activité.

Estimer son revenu net : la méthode rapide en 3 étapes

Vous désirez estimer votre revenu net en fonction de votre nombre de jours travaillés, de votre volume de consultations et de vos honoraires ? Voici une méthode de calcul rapide :

  1. Étape 1 - Estimez votre CA brut annuel : nombre de consultations/jour × tarif moyen × nombre de jours travaillés/an.
  2. Étape 2 - Retranchez 40 % de charges professionnelles : vous obtenez votre BNC approximatif.
  3. Étape 3 - Retranchez 25 à 30 % de cotisations sociales sur ce BNC : le résultat est égal à la fourchette de revenu net avant impôt sur le revenu.

Vous voulez affiner ce calcul ? Contactez-nous pour en discuter lors d'un échange avec un confrère chez Gynea.

Salaire d’un gynécologue libéral : les questions les plus fréquentes

Quel est le revenu d'un gynécologue en début d'activité libérale ?

Les premières semaines d'installation prennent du temps, mais la patientèle se constitue rapidement et passé ce démarrage, les revenus atteignent rapidement 6 000 à 12 000 €/mois. Côté cotisations, la CARMF applique des taux réduits les deux premières années : pour un médecin de moins de 40 ans en secteur 2, le total des cotisations CARMF s'élève à 7 710 € par an.

Les cotisations sont-elles plus élevées en secteur 2 ?

Oui, sur un point précis : la cotisation maladie-maternité est majorée en secteur 2 hors OPTAM. L'adhésion à l'OPTAM (Option Pratique Tarifaire Maîtrisée) permet de ramener ce taux à un niveau proche du secteur 1, en contrepartie d'un encadrement des dépassements d'honoraires. Pour la majorité des gynécologues en IdF, l'équation reste favorable : les dépassements autorisés en secteur 2 OPTAM compensent largement le différentiel de cotisation.

Comment réduire ses charges en gynécologie libérale ?

Voici trois leviers concrets pour réduire vos charges en gynécologie libérale :

  1. Intégrer un centre existant : charges mutualisées, investissement initial quasi nul
  2. Adhérer à une Association de Gestion Agréée (AGA) : abattement fiscal sur le BNC et pas de majoration d'imposition
  3. Optimiser son organisation : secrétariat partagé, gestion dématérialisée, délégation des tâches administratives à une assistante médicale

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Les sources

  • [1] CARMF, « Cotisations - Début d'activité 2026 », carmf.fr
  • [2] CARMF, « Les revenus nets d'activité indépendante par spécialité », Statistiques médicales, carmf.fr