Sommaire

Gynécologue : pourquoi cumuler activité hospitalière et exercice libéral ?

Équpe Gynea

Vous aimez votre service à l'hôpital, mais vous ressentez parfois le besoin de mieux connaître vos patientes, de gérer votre organisation à votre rythme ou encore de pratiquer des actes que le manque de temps à l'hôpital ne vous permet plus d'effectuer ? L'exercice mixte pourrait alors être la solution. Cumuler votre activité hospitalière avec des consultations en libéral ne signifie pas tourner le dos au service public, bien au contraire : être à la fois médecin hospitalier et libéral est un choix stratégique, de plus en plus répandu, qui permet de tirer le meilleur des deux modes d'exercice.

Gynécologue : pourquoi cumuler activité hospitalière et exercice libéral ?
À retenir
  • L'exercice mixte permet de cumuler la sécurité du statut hospitalier et la liberté du libéral.
  • Pour les patientes, le principal bénéfice réside dans la continuité des soins ville-hôpital : elles communiquent avec un même médecin, qui assure le suivi courant en cabinet et intervient à l'hôpital quand la situation l’exige.
  • Le cumul est accessible à tous, à condition d'anticiper les prérequis réglementaires et la charge administrative en plus.

L'exercice mixte, un mode d'exercice en pleine croissance

Selon la DREES, un peu plus de 20 % des médecins ont un exercice mixte, avec une progression de près de 50 % entre 2012 et 2021 [1]. Selon certaines estimations, la tendance est encore plus marquée en gynécologie-obstétrique : plus de 60 % des contrats d'activité libérale à l'hôpital concernent la chirurgie et la gynéco-obstétrique. Les jeunes gynécologues en fin d'internat ou en poste ne veulent plus choisir : ils cherchent un modèle qui combine la richesse clinique de l'hôpital et la flexibilité du libéral

Les avantages du cumul pour le gynécologue libéral ou hospitalier

Diversifier et augmenter ses revenus

C'est l'un des premiers arguments en faveur du cumul : en restant à l'hôpital, vous conservez votre salaire de PH, votre couverture sociale et votre retraite IRCANTEC. Puis en ajoutant une activité de médecin libéral, vous y superposez une rémunération à l'acte en secteur 2, indexée sur votre propre activité. Vous pouvez ainsi diversifier et augmenter vos revenus sans sacrifier la sécurité, même à raison d'une ou deux demi-journées par semaine.

Gagner en autonomie clinique

À l'hôpital, votre activité quotidienne laisse souvent peu de place au suivi gynécologique de routine : contraception, ménopause, dépistage, échographie de premier recours… Retrouvez ces actes en libéral et surtout, retrouvez du temps pour construire une relation sur plusieurs années (voire décennies) avec les patientes qui vous choisissent. Les deux registres se nourrissent mutuellement : la clinique hospitalière enrichit votre regard en consultation tandis que le suivi libéral vous rappelle ce que vivent vos patientes en dehors des moments de crise.

Rompre l'isolement dans les deux sens

Il peut être pesant d’exercer en libéral seul (pas d'équipe, peu de confrontation clinique, une certaine solitude dans les décisions complexes…) tandis que l'hôpital peut être anonymisant, avec des patientes que vous ne revoyez jamais et une forme de déshumanisation progressive qui use. Le cumul vient rompre cet isolement et vous offre davantage de variété pour prévenir l'épuisement professionnel : c'est ce que beaucoup de gynécologues en exercice mixte décrivent comme un facteur décisif pour durer dans le métier et continuer à l'exercer avec plaisir.

Maintenir votre niveau d'expertise à la pointe

L'hôpital public reste un lieu de formation, de recherche et d'excellence clinique qu'on ne trouve pas ailleurs. Dans les structures universitaires, vous participez à l'enseignement des internes, à la recherche clinique et à des protocoles multicentriques. Vous êtes constamment au fait des avancées thérapeutiques, avant même qu'elles ne diffusent dans le secteur libéral. L'hôpital maintient votre niveau d'expertise à la pointe et le libéral bénéficie ensuite directement de ce socle.

Les bénéfices pour les patientes

La continuité des soins est l'un des arguments les plus puissants en faveur de l'exercice mixte, alors que c’est l'un des moins mis en avant. 

Prenons l’exemple d’une patiente que vous suivez en consultation libérale pour un fibrome évolutif. La chirurgie s'impose et c'est vous qui l'opérez, dans votre service, avec votre équipe. Lorsqu’elle revient ensuite vous voir en post-opératoire dans votre cabinet, elle n'a pas besoin d’expliquer son dossier 3 fois à 3 médecins différents : le parcours est cohérent et le lien de confiance est préservé.

C'est valable dans l'autre sens aussi : une patiente adressée à l'hôpital pour une prise en charge complexe peut continuer son suivi gynécologique courant avec vous en libéral, sans rupture de relation ni perte d'information. Le libéral gère le suivi de routine tandis que l'hôpital intervient quand le plateau technique est nécessaire. Les deux niveaux sont complémentaires et c'est la patiente qui en bénéficie directement.

💡Bon à savoir : Au-delà des cas chirurgicaux, vos patientes en libéral savent que leur gynécologue connaît le milieu hospitalier et que, si une situation se complique, vous saurez vers qui les orienter : cette double expertise est très rassurante.

Comment s'organiser concrètement ?

La première question est celle du temps. Les organisations les plus courantes tournent autour de 3 jours à l'hôpital et 2 en libéral ou 4 jours à l'hôpital avec quelques demi-journées libérales. Ces plages libérales se calent en dehors du planning de garde (ce qui demande de l'anticipation, mais cela reste tout à fait gérable).

Mais avant de poser le moindre agenda, deux prérequis s'imposent puisqu’ils définissent les conditions dans lesquelles le cumul est autorisé : 

  1. obtenir l'accord du directeur d'établissement ;
  2. et signer un contrat d'activité libérale

Sur le choix du lieu d'exercice de votre activité mixte de médecin, les options sont variées : cabinet en individuel, cabinet de groupe ou bien intégration dans un centre médical existant. 

Cette dernière option est souvent la plus accessible pour un hospitalier qui veut tester le cumul sans totalement chambouler son organisation ni faire d'investissement lourd : en effet, c’est la structure qui gère le secrétariat et l'administratif, avec une patientèle déjà présente. C'est un vrai avantage dans la mesure où le cumul demande de l'organisation : tout ce qui allègera votre charge non-médicale vous libérera du temps pour ce qui compte, c’est-à-dire vos patientes.

Pour le détail réglementaire (conditions exactes d'autorisation, contenu du contrat, règles spécifiques selon votre statut de praticien hospitalier), consultez notre article dédié : Cumul hospitalier : règles et conditions.

Cumuler hôpital et médecin en libéral : les questions les plus fréquentes

Un PH à temps plein peut-il avoir une activité libérale ?

Oui, mais sous conditions. Vous aurez besoin d’une autorisation du directeur d'établissement pour votre activité libérale, qui peut s'exercer en intra-hospitalier (dans le cadre d'un contrat spécifique) ou en extra-hospitalier selon le statut. 

Le cumul est-il compatible avec les gardes ?

Oui, à condition d'anticiper et de bien s’organiser : les jours de consultation libérale sont généralement fixés en dehors du planning de garde. Certains centres octroient une vraie flexibilité sur les créneaux pour un ajustement en temps réel.

Faut-il un investissement financier pour démarrer ?

Oui si vous vous lancez en cabinet individuel, mais pas si vous intégrez un centre existant : c'est précisément l'un des avantages de cette formule pour les hospitaliers en transition.

Combien peut-on espérer gagner en exercice mixte ?

La variabilité dépend fortement du secteur, du volume d'activité et de la spécialité des actes. Nous pouvons toutefois dire que le cumul représente systématiquement un complément de revenus significatif par rapport au salaire PH temps plein seul. Pour une estimation plus précise, découvrez notre article sur les revenus et cotisations en libéral.

Rejoindre Gynea

Les sources

[1] DREES, « Démographie des médecins », présentation pour l’Association des maires de France